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 235. Jr 38, 4-6.8-10, XX Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

    Il fait chaud… mais j’ai de la chance – sourire. En effet, j’ai déjà évoqué avec vous, non seulement le contexte historique dans lequel prophète Jérémie a mené son long ministère, mais encore les circonstances de sa mission à Jérusalem (cf. surtout réflexions 146 et 196). Je vais donc simplement vous rappeler que notre texte du jour se situe au moment du siège de Jérusalem par le roi de Babylone, Nabuchodonosor (597 av. J.-C.). L’histoire est simple : le roi Sédécias installé sur le trône de Juda (Royaume du Sud, capitale Jérusalem) par le roi de Babylone, se révolte contre lui. En conséquence, Nabuchodonosor envoie son armée pour conquérir Jérusalem. Sédécias, comptant sur l’aide des Égyptiens (mais elle fit défaut) ne voulut pas écouter le prophète Jérémie qui lui conseillait de se rendre au roi Nabuchodonosor quand il était encore temps. C’est ainsi qu’après le siège de la Ville Sainte, les conséquences de cette reddition furent catastrophiques pour Sédécias¹, sa famille, l’élite du pays, et pour Jérusalem tout entière.

    Pour revenir à présent à notre texte, nous pouvons constater que la situation de la ville comme celle de Jérémie étaient devenues extrêmement compliquées. Ceux qui avaient emprisonné le prophète réclamaient sa tête : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population » […] « on n’a plus de pain dans la ville ! ». Jérusalem était condamnée (cf. Jr 38,2). Ce n’était qu’une question du temps...
   La situation étant posée, concentrons notre réflexion sur le personnage tragique du prophète Jérémie, que personne ne voulait écouter, ni le roi ni ses conseillers. De ce que nous décrit le texte à son sujet, nous pouvons déjà tirer quelques observations. Notamment que Dieu n’abandonne jamais ceux qui le suivent (Jr 1, 17-19), même s’il arrive aux prophètes - y compris à Jérémie - de douter parfois de Sa présence et de l’utilité de leur mission (cf. Jr 20,7 et suivants).

   Dans notre texte cependant, Jérémie, fidèle à Dieu, est sauvé par Lui. Ce qui est particulièrement incroyable ici, c’est que le prophète - rejeté par le roi et sa cour - est sauvé par Ébed-Mélek l’Éthiopien, c’est-à-dire par un païen de la maison du roi (cf. Jr 38,13 ; 39, 16-18). Ce détail nous prouve bien que Dieu peut se porter au secours d’un fidèle disciple, même par l’intermédiaire de la personne la plus inattendue !
   Autre chose à observer dans le récit. Ceux qui réclament la mort du prophète Jérémie, l’accusent, non seulement de démoraliser les derniers combattants et les habitants de la ville, mais encore de chercher, non pas « le bonheur du peuple, mais son malheur » ; alors qu’il s’agit de l’inverse. En réalité, le seul danger que représentait Jérémie pour le roi, sa cour et son peuple, était de leur dire la vérité. Et nous pouvons tous vérifier, qu’à chaque époque, celui qui dit la vérité peut devenir une menace pour toute espèce de pouvoir, qu’il soit politique, économique et même religieux (dans le cas de l’extrémisme). Ainsi, ceux qui détiennent un tel « pouvoir » essaient de compromettre, d’acheter le silence, voire de supprimer, celui qui les met en danger par sa parole. Pour prendre un exemple contemporain, songeons à l’opposant Alexeï Navalny, qui fut éliminé sur ordre de Mr P.
     Malgré tout pourtant, notre monde progresse en humanité grâce à ceux qui sont fidèles à la vérité. Eux ne se contentent pas de la « sécurité » que peut apporter le conformisme ou le laxisme.

   Notre première lecture, notre évangile d’aujourd’hui, ainsi que le parcours de vie de nombreux saints, témoignent que la fidélité à l’Esprit de Dieu, à l’Esprit de Vérité, a son prix. Mais, si dans le monde des hommes, on peut toujours se débarrasser de celui qui dit et vit la vérité, on ne peut jamais éteindre l’Esprit de Vérité. Cet Esprit qui trouve toujours les cœurs qui veulent pleinement L’accueillir, comme ce fut le cas du prophète Jérémie et de Jésus-Christ.

Bon dimanche à chacune et chacun de vous,
votre frère Bogdan

Message important,
P.S. Mes chers lecteurs j’ai deux messages à vous transmettre, un mauvais et un bon. Je commence par le mauvais – à partir du 1er septembre, je ne serai plus le curé de la Paroisse du Bon Pasteur. Donc les réflexions dominicales contenues dans mon panier - « Une graine de moutarde » - ne seront plus postées sur le site de la Paroisse du Bon Pasteur à partir de cette date. Mais la bonne nouvelle, c’est que vous pourrez quand même recevoir ces réflexions directement sur votre adresse mail, envoyées directement de mon adresse mail – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Pour les recevoir ou pour se désabonner de mes réflexions, il faudra me le communiquer. Autrement dit, au mois de septembre vous recevrez ma réflexion directement dans vos boîtes mails ; pour la suite, ce sera à vous de décider si oui ou non vous souhaitez continuer ; vous me communiquerez alors votre décision – sourire.

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¹Le siège, qui dura environ deux ans, se termina par la destruction de Jérusalem et l’anéantissement du royaume de Juda. Le roi Sédécias lui-même fut capturé et dut assister à l’exécution de ses propres fils. Puis on lui creva les yeux, et il fut amené en Babylonie où il mourut en captivité. Avec sa mort la dynastie davidique (du roi David) s’acheva (cf. Jr chapitre 52).