Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 20 JUILLET AU 11 AOÛT 2024

(Historique de l'agenda)

 178. Dt 4, 32-34.39-40, Solennité de la Sainte Trinité, B, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

     La belle fête de la Pentecôte a clôturé le temps pascal et nous retrouvons à présent le Temps Ordinaire de l’année liturgique. Cependant notre aventure personnelle avec l’amour de Dieu se poursuit à travers sa Sainte Parole ; en tout cas c’est ce que j’ai choisi pour moi-même - sourire.
     Ce dimanche, nous célébrons une fête qui nous dépasse mais qui nous parle de « quelque chose de Dieu », et de nous – sourire. C’est évidemment la Solennité de la Sainte Trinité. Et comme vous pouvez le deviner, je vais me concentrer sur la première lecture du jour, toujours tirée de l’Ancien Testament. Nous allons donc méditer un récit du livre du Deutéronome, même si, à l’évidence, il ne nous parle pas de la Trinité – de Dieu qui est UN mais en Trois Personnes. Je dirais que l’idée même de la Trinité ne pouvait pas effleurer les Juifs à l’époque, et c’est encore le cas. Ce livre, par tradition attribué à Moïse, a été rédigé par l’ »école deutéronomique » autour des VIIIe et VIIe siècle av. J.-C. Son nom « Deutéronome », signifie « seconde loi » par rapport à la loi donnée à Moïse au Sinaï – le Code de l’Alliance (voir Ex 20,22-23,18)¹. C’est le dernier livre du Pentateuque.

    Si maintenant nous regardons d’un peu plus près notre texte, nous constatons qu’il est une sorte de « synthèse » de ce que Dieu EST pour les Israélites, et de ce qu’Il FAISAIT pour son peuple choisi sans aucun mérite. Présenté comme un discours de Moïse, le texte dévoile aussi ce que peut apporter le fait de « garder les décrets et les commandements du Seigneur ». Et cet appel de Moïse, que nous avons aujourd’hui un peu de mal à réaliser, n’est pas sans importance. Pour le mieux saisir, nous ne devons pas oublier que les Israélites, comme tous les peuples du Moyen Orient, étaient polythéistes, et que le chemin conduisant à la foi en Un Dieu unique était long. De la même manière, il a fallu du temps aux chrétiens pour découvrir un Dieu unique révélé en Trois Personnes.



    Pour nous, les chrétiens d’aujourd’hui, la découverte des Israélites peut paraître basique autant qu’indispensable. Parce que pour parvenir à la foi en un Dieu en Trois Personnes, il faut nécessairement passer par la foi en un seul Dieu, et se débarrasser de toutes les idoles, comme ce fut le cas des Israélites (voir par exemple : Ex 20,3-5 ; Dt 4,15-19 ; 6,4-5)². Et nous le savons, nous avons beaucoup à faire pour y parvenir quand, aujourd’hui, tout semble nous en écarter : la loi humaine est devenue plus importante que la loi naturelle, l’argent, le paraître, le plaisir et le « moi d’abord » règnent en maîtres, etc.
    A l’époque du texte, chaque Israélite devait, comme chaque Juif aujourd’hui, se mettre en chemin pour découvrir que Dieu est son Créateur, ce Dieu unique qui a fait alliance avec lui, et qui est avec lui ; découvrir que garder « les décrets et les commandements du SEIGNEUR » c’est trouver son propre bonheur et une « longue vie » terrestre. Et ce n’est pas une quête intellectuelle, reposant sur des arguments contradictoires. C’est toujours l’histoire d’un cœur qui médite la présence du Dieu vivant dans sa vie. C’est toujours la foi en un Dieu unique, « Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob » (cf. Ex 3, 6. 15-16).

    Nous les chrétiens, nous sommes invités à redécouvrir ce Dieu, ce même Dieu, qui pour nous aussi « n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » (cf Mt 22,32). C’est important parce que, par ce chemin, nous pouvons entrer en relation avec Dieu, en qui nous sommes baptisés : « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Et nous pouvons nous épanouir par la présence auprès de nous de :
Dieu le Créateur de chacun de nous ;
Jésus-Christ, son Fils, qui est mort et ressuscité pour chacun de nous ;
L’Esprit Saint qui est le don remarquable des Deux (du Père et du Fils) et qui est pour un chrétien sa force au quotidien (cf Ac 1,4-9 ; Jn 14,16-18.26).

   Nous, les chrétiens, nous avons la chance de pouvoir entrer, chaque jour, en relation avec les « Trois », parfaitement unis pour agir pour notre « bonheur et une longue vie » sur la terre. Il nous suffit tous simplement, chaque matin quand nous nous réveillons, de tracer avec la foi et la conscience de ce qu’il représente, ce si précieux signe : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit », et de répondre « Amen. »

Bon Dimanche à vous tous, votre frère Bogdan

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¹voir plus dans l’introduction au Deutéronome de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
² « Israël a d'abord reconnu le Seigneur comme le Dieu présent à l'histoire du peuple. La réflexion s’approfondissant, on découvre qu’il est aussi le Créateur, celui qui est à la source de l’humanité et de toutes choses. Ce passage est le seul dans le Dt où Dieu est confessé comme Créateur, ce qu’on trouve déjà chez Amos (voir Am 4,13 n.) et surtout dans la deuxième partie d’Isaïe (voir Is 40,28) ainsi que dans la tradition « sacerdotale » (voir Gn 1,1 n.) ». Selon la note de la TOB pour Dt 4,32.