Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 20 JUILLET AU 11 AOÛT 2024

(Historique de l'agenda)

 177. Ac 2, 1-11, Solennité de la Pentecôte, B, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Toujours dans le livre des Actes des Apôtres, notre extrait nous rapporte ce dimanche des choses remarquables. Mais avant d’en parler, je constate - comme vous pouvez tous le faire - qu’à chaque époque, il y a eu des hommes et des femmes qui, par leurs inventions, leur intelligence, leur esprit d’entreprise, ont marqué à jamais l’histoire du monde ; ainsi Louis Pasteur, Nicolas Copernic - Mikołaj Kopernik pour les Polonais - sourire, Thomas Edison, etc.. Et c’est assez extraordinaire et réconfortant, de voir que ces inventeurs ont mis tout leur savoir et leurs efforts au service de l’humanité et du progrès.

    Or aujourd’hui, notre texte - spécialement choisi pour cette fête du don de l’Esprit Saint - nous dévoile aussi quelque chose d’absolument extraordinaire. Mais il ne s’agit pas évidement des exploits des hommes, comme ceux que je viens d’évoquer…
    Alors, procédons par ordre. Notre récit, qui suit l’adjonction de Mathias aux onze apôtres, nous présente cette scène incroyable de la venue du Saint Esprit. Cela se passe à Jérusalem, au cours de l’une des trois fêtes majeures de l’année « liturgique » des Juifs. Je veux parler du pèlerinage qui rassemble les Juifs de tous les horizons à Jérusalem, pour fêter l’alliance du Sinaï entre Dieu et Israël - c’est-à-dire le don de la Loi à Moïse, qui rythmait la vie de chaque Juif. Et cette fête se déroulait dans la joie.
    Donc nous nous situons au moment de la Pentecôte juive, célébrée cinquante jours après la Pâque (la Pentecôte vient du grec pentêkostê qui signifie « cinquantième »). Et pendant cette fête, typiquement juive, le groupe des apôtres réunis dans la même pièce, assidus à la prière (voir Ac 1,13-14), sont tous remplis de l’Esprit Saint (voir aussi Ac 4,8.31 ; 13,52 ; Ep 5,18). Par eux l’Esprit de Dieu se manifeste avec une force telle que les hommes fervents venus à la fête ont entendu dans leur propre langue, quel que soit leur pays, « des merveilles de Dieu. »



    Je ne vous cache pas que cette fois-ci, quand j’ai lu ce récit, mon attention s’est portée sur cet évènement : les apôtres « furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues. » Ici quelqu’un pourrait me dire : « ‘D’autres langues’ c’est quoi ? Si d’autres langues signifie la bonne maîtrise du français, je vais prier pour que le père Bogdan soit bien rempli de l’Esprit Saint ! » Franchement, je ne serais pas contre – clin d’œil avec sourire. Mais la signification de ces mots est plus profonde. Je laisse donc la parole à ceux qui sont plus compétents sur le sujet. Une note de la TOB nous éclaire : « le phénomène qui se produit évoque assurément la ‘glossolalie’ ou ‘parler en langues’ : les apôtres s’expriment un peu à la manière des anciens prophètes (voir Nb 11,25-29 ; 1 S 10,5-6 ; 1 R 22,10) et, en tout cas, comme les chrétiens saisis par l’Esprit aux premiers temps de l’Église (voir 10,46 ; 19,6 ; 1 Co 12 à 14), ils parlent dans un état d’exaltation caractéristique (Ac 2,13). Mais ‘parler d’autres langues’ c’est se faire entendre dans la langue des autres peuples et tel est, pour l’auteur, l’aspect majeur de l’événement. Le don de l’Esprit rétablit ici l’unité de langage qui s’était défaite a la tour de Babel (Gn 11,1-9) et préfigure ainsi la dimension universelle de la mission des apôtres (voir Ac 1,8)¹ ».

    De toute évidence, l’auteur de cette modeste réflexion confirme qu’il est toujours très utile de maîtriser telle ou telle langue étrangère. Mais c’est encore mieux d’annoncer, dans cette langue, « des merveilles de Dieu. » Autrement dit, de témoigner, autour de soi, de tous les bienfaits que Dieu fait pour moi et peut faire pour chaque être humain. Les Juifs fidèles à leur alliance avec Dieu sauront de quoi je parle. Et les chrétiens qui se laissent éclairer et guider par l’Esprit-Saint, sauront aussi de quoi il s’agit. Les apôtres, accompagnés par cette Force d’en Haut, ont fait au cours de leur mission, des choses absolument extraordinaires. Au nom de Jésus-Christ ressuscité, ils ont guéri des gens, chassé des démons, etc. Cependant la plus grande merveille, le plus grand exploit que peut expérimenter un homme, une femme qui se laisse toucher par l’Esprit Saint, c’est le changement de son propre cœur, le changement de sa propre vie.

Bonne fête du Saint Esprit au fond du cœur de chacune et chacun de nous,
avec ma prière,
frère Bogdan

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¹selon la note pour Ac 2,4 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.