Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 20 JUILLET AU 11 AOÛT 2024

(Historique de l'agenda)

 175. Ac 10, 25-26.34-35.44-48, VIe Dimanche de Pâques, B, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Pas de surprise - sourire, nous allons suivre encore aujourd’hui la jeune communauté chrétienne à ses débuts. Cette fois nous quittons Jérusalem et, après Saint Paul, nous retrouvons Pierre Apôtre. Si le récit que nous lisons peut paraître complexe, il nous apprend très sûrement « quelque chose ». Alors, procédons par ordre.

    Notre texte est composé de trois extraits distincts, appartenant au chapitre 10 des Actes. Pour mieux comprendre ce récit « morcelé », nous devons le replacer dans un contexte plus large. Au tout début (v.25-26) nous assistons à l’arrivée de Pierre, accompagné par quelques frères. Celui-ci vient de Joppé où il a ressuscité une femme pour se rendre à la maison d’un certain Corneille, un centurion romain. Ce dernier est un sympathisant du judaïsme (voir Ac 10, 1-3)*. Après l’ellipse de quelques versets, nous entendons le discours de Pierre chez Corneille (v.34-35) ; enfin, pendant ce discours, nous sommes les témoins du don de l’Esprit Saint et du baptême des premiers païens (v.44-48). « Tout est beau , tout est bien », mais il serait peut-être intéressant de savoir comment nous en sommes arrivés là, à ce moment du don de l’Esprit Saint et du baptême aux premiers païens - un épisode qui nous touche encore aujourd’hui.


    Le chemin pour en arriver à ces évènements qui concernent Corneille et sa « maison »*, n’était pas évident. Tout d’abord parce que les premiers chrétiens venaient de la religion juive. Ainsi, Pierre - comme son Maître Jésus de Nazareth - était un juif pratiquant et respectant la loi, notamment les prescriptions portant sur la pureté de la nourriture. En outre, même si Corneille sympathisait avec la religion juive, il n’était pas un païen quelconque puisqu’il représentait l’autorité romaine détestée par les Juifs. Enfin, il n’avait pas les « bases religieuses » des chrétiens venant du judaïsme.
    On peut donc se poser la question : « Qu’est-ce qui a « poussé » Corneille à faire venir Pierre chez lui et qu’est-ce qui a « poussé » Pierre à se rendre chez un centurion romain ? Autrement dit, qu’est-ce qui a poussé chacun d’entre eux à franchir les frontières religieuses et sociales pour une rencontre tellement inhabituelle ? » La réponse, nous la trouvons dans ce même chapitre 10, que je vous conseille de lire intégralement. Tous deux, Corneille et Pierre, priaient Dieu et, tous deux, ils se sont laissé conduire par l’Esprit Saint. Dieu faisait partie de leur quotidien et leurs cœurs étaient comme transparents pour l’Esprit de Dieu – ce formidable « Guide » qui leur a permis de dépasser une vie conditionnée par la situation sociale, pour aller plus loin …

    Ce récit, qu’une fois encore je vous recommande de lire dans sa totalité (chapitre 10), nous montre que Pierre n’aurait pas pu aller « convertir » Corneille et sa « maison », sans s’être laissé lui-même convertir d’abord par l’Esprit Saint. Ce récit nous prouve aussi que, là où est le vrai désir de Dieu et de l’Esprit d’en Haut, il n’y a pas de frontière sociale ou culturelle. Mais il y a un chemin à parcourir pour une rencontre qui apporte la vie, la joie en abondance à celui qui témoigne de sa foi et à ceux qui accueillent son témoignage.

   Une dernière chose, qui est certainement évidente pour un chrétien : la Grâce de Dieu n’exclut personne parmi ceux qui la cherchent vraiment. Et cette Grâce ne nous isole pas. Au contraire Elle nous met en relation avec Dieu et autrui.

Bon Dimanche, toujours dans la joie pascale, pour chacune et chacun de vous,
votre frère, Bogdan

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* Précisément dans Ac 10,2 Corneille est désigné comme « quelqu’un de grande piété qui craignait Dieu, lui et tous les gens de sa maison ; il faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse ». Dans la note de la TOB nous trouvons un autre éclairage concernant Corneille : « Littéralement pieux et craignant Dieu. La piété (Ac 3,12; 10,7 ; voir 17,23) est un mot et une notion grecque que le christianisme primitif n’assimilera que tardivement (1 et 2 Tm, Tt, 2 P). La crainte de Dieu est une expression d’origine et de contenu juifs ; elle suppose la foi au Dieu d’Israël, elle implique la fidélité à toutes les exigences de l’Alliance relatives à Dieu et à autrui et elle conduit à la sagesse qui ne doute pas qu’en dépit des apparences parfois, le monde ait un sens (Pr 1,7 ; Si 1,11-20) ; il n’est donc pas étonnant qu’en Ac 9,31 elle suffise à exprimer toute la foi et la vie de l’Église. Les craignants Dieu désignaient des non-juifs qui s’étaient convertis au judaïsme (Ac 13,16.26 ; voir 18,7 : adorateur de Dieu) sans aller, comme les prosélytes (Ac 2,11 n.) jusqu’à la circoncision. Corneille et les siens appartenaient à ce milieu (voir Ac 10,22.35) qui fournira plus d’un converti au christianisme (Ac 13,43 n.). *Ici comme en Ac 11,14; 16,15.31; 18,8 (voir 1 Co 1,16), la maison désigne la famille et les serviteurs ainsi qu’à l’occasion, des relations de métier ou d’amitié (voir Ac 10,7.24). En général, la maison tout entière se convertissait et recevait le baptême : Ac 16,15.31.34 ; 18,8; 1 Co 1,16. Selon la note pour Ac 10,2 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.