Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 13 au 21 AVRIL 2024

(Historique de l'agenda)

 163. 1 S 3, 3b-10.19, II Dimanche du Temps Ordinaire, B, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    L’Ancien Testament nous relate la vocation et la vie de nombreux prophètes d’Israël à travers les siècles. Parmi eux se trouve un prophète qui devint un serviteur de Dieu très renommé. Ses parents, qui l’avaient désiré et demandé, voyaient en lui le don de Dieu, le fruit de leur prière persistante. Devenu prophète de Dieu, il n’hésitait pas à faire des remarques à son « maître spirituel » (aujourd’hui on dirait plutôt « coach en développement personnel » - sourire) à propos de la mauvaise conduite de ses fils. Il avait le courage de dire des vérités désagréables au roi et à ses compatriotes. Et c’est lui qui avait oint Saül et David comme rois d’Israël.
    Quelqu’un pourrait dire ceci : « Il nous parle de qui frère Bogdan ? ». Je sais que vous savez de qui je parle – sourire. Évidemment il s’agit du prophète Samuel. Cependant au lieu de parler de tous ses exploits, je préfère me pencher sur la question : comment cet homme est-il devenu ce prophète réputé que nous connaissons ? Et nous verrons par là que son parcours avec Dieu peut être le nôtre, même si le texte nous renvoie à des évènements qui datent du début du XIe siècle av. J.-C.



    Donc, pour revenir au début de cette belle histoire, Samuel était un enfant « cadeau » de Dieu pour son Père Elqana et Anne, sa femme, qui était stérile. Ses parents, qui n’avaient pas oublié cela, firent don à Dieu de leur fils, pour qu’il Le serve. Et c’est ainsi que Samuel se retrouva au sanctuaire de Silo où il fut instruit par Éli, le grand prêtre d’Israël. Samuel était tout jeune et encore ignorant. Notre texte le prouve car, lorsque Dieu l’appela pendant la nuit, il courut vers Éli. Le récit nous apprend aussi que Samuel « ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée ». Autrement dit, quand sa Mère le conduisit au sanctuaire, Samuel savait bien peu de choses. Cependant, « il grandissait auprès du Seigneur » (voir 1 S 2,21), ce qui n’aurait pas été possible sans la foi, la fidélité et les convictions de ses parents.
   On pourrait dire qu’il se passe pratiquement la même chose pour nos enfants. Par exemple, quand des parents amènent leurs fils et leurs filles à l’éveil à la foi (5 ou 6 ans) et au caté, ou quand ils les accompagnent à la Messe, ils leur permettent de grandir auprès de Dieu ; et de cette manière, souvent, un lien - invisible aux yeux même des parents - peut se tisser entre l’enfant et Dieu.

   Si nous reprenons notre texte, nous remarquons qu’à chaque appel, Samuel répond : « Me voici ». Il n’avait pas grand-chose à donner à Dieu, sinon sa disposition intérieure à être à Son écoute. Quand nos enfants vont à l’éveil à la foi, au caté, à la Messe (où toute la communauté paroissiale dit « me voici »), quand ils prient personnellement dans leur chambre, c’est cela même qu’ils disent à Dieu, à Jésus et à l’Esprit Saint. Dieu fait le reste et c’est toujours, je dirais, un très beau « reste ». Et comme dans la vie de Samuel, cela portera ses fruits.
   Bien évidemment nos enfants ne sont pas les seuls concernés, nous le sommes aussi. Parce que chaque fois que nous nous rendons « en face » de Dieu, avec notre propre « me voici » - par une prière, par la charité, par le pardon - sans le savoir forcément, nous « grandissons auprès du Seigneur ». Et ces deux mots sont si importants qu’ils font partie du rituel de l’ordination d’un nouveau prêtre : appelé par l’évêque, celui-ci répond devant tout le monde : « Me voici ! ».
    Parce qu’en fin de compte, que signifie « me voici », sinon : « Je me mets en service de l’amour de Dieu, pour me laisser guider par Lui et pour qu’Il dispose de moi quand Il le voudra ». Et Il sera toujours le meilleur « coach en développement personnel » pour mon cœur et ma vie. Par mon propre « me voici », je présente mon cœur et mon esprit, quand je n’ai que peu de choses à donner à Dieu. Mais je reste ouvert pour recevoir « tout » ce que Dieu me prépare pour mon propre bonheur et pour la joie des autres. Je dirais que c’est dans le sanctuaire de mon propre « me voici », que chaque matin, et quoi qu’il se passe alors dans ma vie, tout commence.

« Me voici » avec ma modeste réflexion – sourire.
Bon Dimanche à tous,
frère Bogdan