Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 13 au 21 AVRIL 2024

(Historique de l'agenda)

 121. Mt 5, 1-12a, IV Dimanche du Temps Ordinaire, A, Réflexion 2023

Sœurs et Frères

    L’évangile de ce dimanche est bien connu de nous tous. « Les béatitudes » - que nous entendons chaque année dans nos églises à l’occasion de la solennité de Tous les Saints - font partie du grand discours du Christ sur la montagne. Cet évangile est donc très célèbre et il nous est très familier. Il a souvent été étudié par des personnes plus compétentes que l’auteur de cette réflexion hebdomadaire que vous êtes en train de lire. Cependant, je ne peux pas me dérober, parce que je ne veux pas décevoir mes lecteurs qui, chaque semaine, se penchent sur ma modeste contribution – sourire. Donc au travail ! - sourire.

     Afin de bien comprendre le texte de Matthieu, il faut l’« enraciner » dans le contexte biblique. Et dans ce contexte-là, il faut savoir que les « béatitudes » (on pourrait dire aussi les « bénédictions » ou les « félicitations ») ne sont pas seulement le domaine de Jésus. Déjà « l’Ancien Testament employait parfois des formules de félicitations comme celles-ci, à propos de piété, de sagesse, de prospérité (Ps 1 1-2 ; 33 12 ; 127 5-6 ; Pr 3 3 ; Si 31 8 etc.). Des béatitudes similaires de caractère sapientiel ont été découvertes à Qûmran. Jésus rappelle, dans l’esprit des prophètes, que les pauvres aussi ont part à ces « bénédictions » : les trois premières « béatitudes » (Mt 5 3-5, Lc 6 20-21+) déclarent que des hommes considérés d’ordinaire comme malheureux et maudits sont heureux, puisqu’ils sont aptes à recevoir la bénédiction du Royaume. Les béatitudes suivantes intéressent plus directement l’attitude morale de l’homme* ». En outre, ce n’est pas seulement dans notre page d’évangile que nous pouvons trouver des béatitudes de Jésus (voir : Mt 11,6 ; 13,16 ; 16,17 ; 24,46 ; Lc 11,27-28 ; etc.*).

      Alors, qu’est-ce qui caractérise ces Béatitudes du Christ, prononcées sur la montagne devant les foules ?
Je constate tout d’abord que les mots du Christ ne font pas l’éloge de tous les malheurs qui peuvent toucher notre existence. Nous nous souvenons de l’évangile de dimanche dernier où Jésus commençait son activité publique non seulement par la proclamation de la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux, mais aussi en guérissant le peuple de « toute maladie et toute infirmité ». D’ailleurs aujourd’hui, les chrétiens, comme tout le monde, profitent par exemple du progrès de la médecine pour soigner leur corps et leur esprit. Et nous sommes « heureux » quand quelqu’un de notre famille nous apprend qu’il est guéri de son cancer. C’est bien normal.
     Dans le contexte biblique, il est bon de se rappeler aussi, qu’au temps de Jésus, la maladie et la souffrance étaient souvent considérées comme une des conséquences du péché et une malédiction (voir par exemple Jn 9, 1-3). Et voilà qu’ici, Jésus vient « inverser » la tendance. Tous nos manques, toutes nos faiblesses, peuvent devenir une occasion de notre rapprochement à Dieu (André Chouraqui traduit ce mot « heureux » - qui vient du mot grec « makarioi » - par le terme « en marche »**). De plus, nous pouvons penser que, parmi les gens qui écoutaient Jésus, un bon nombre étaient exclus du culte au Temple et marginalisés dans la société. Or le Christ déclare que chacun d’eux peut recevoir la bénédiction de Dieu s’il laisse vraiment de la place pour Lui dans son cœur, et s’il s’abandonne vraiment à Lui sans conditions.

     Pouvoir être « heureux » ne signifie pas qu’il ne nous arrivera rien de mal. Mais cela veut dire que nous avons toujours près de nous Quelqu’un avec qui nous pouvons nous mettre « en marche ». Et cela, malgré le poids de notre vie touchée par le manque de justice, d’amour, de compréhension, de joie, de stabilité du niveau de vie, etc.

     Et les mots de saint Paul, dans la deuxième lecture, sont vraiment encourageants : « Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est » (1 Co 1, 26-28).

    D’ailleurs, c’est très curieux que notre société qui ne cesse de légiférer pour se débarrasser de l’influence du christianisme, n’aille pas forcément beaucoup mieux sans la religion. Au contraire, ceux qui donnent vraiment sa place à Jésus dans leur vie, ont souvent une vie meilleure en « partageant » avec les autres, les problèmes de la vie d’un être humain…

     Chacun de nous reçoit chaque jour la « part » de la bénédiction qui l’attend. Il faut juste se mettre « en marche » vers elle.

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*selon la référence de la Bible Jérusalem pour Mt 5,3 – édition du Cerf 2000.
**https://nachouraqui.tripod.com/id61.htm

 Bon Dimanche - sourire, votre frère Bogdan
P.S. Pendant quelques semaines vous ne recevrez pas ma réflexion dominicale. En effet, la semaine prochaine je serai en retraite à En Calcat avec des prêtres de notre diocèse, et ensuite je vais en Pologne (juste pour vérifier si mes parents n’ont pas changé leur testament – sourire). Mais j’espère que vous serez « heureux » de me retrouver après tout ce temps et de recevoir à nouveau ma modeste réflexion - sourire.