Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 13 au 21 AVRIL 2024

(Historique de l'agenda)

114. Mt 11, 2-11, III Dimanche de l’Avent, A, Réflexion 2022

Sœurs et Frères

     La Pologne a perdu contre la France en huitième de finale du championnat de foot au Qatar. Mais je le « savais » déjà ; et parce que je l’avais pressenti, j’ai donc bien dormi - sourire. Par contre ce qui a « vérifié » définitivement mon pressentiment, c’est le match lui-même.
Cette petite introduction d’actualité nous amène à notre Évangile qui nous présente encore une fois le Précurseur de Jésus Christ, Jean le Baptiste. Ce dernier avait, je dirais, ses propres pressentiments concernant la personne de Jésus. Et pour vérification, il envoie ses disciples avec cette question : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ». Pour leur répondre, le Christ ne dit rien directement sur Lui-même. Il dit seulement : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez … ». Autrement dit, allez vérifier vous-mêmes de vos propres yeux.
     On pourrait penser que dans le comportement de Jean le Baptiste, il y quelque chose d’étrange. Il veut savoir si Jésus est le Messie tant attendu par les Juifs, et pourtant il est en prison. Et même si ce n’est pas la prison d’aujourd’hui - le texte nous montre qu’il pouvait facilement garder le contact avec ses disciples - son comportement est inhabituel dans cette situation. Pourquoi ? Au lieu de se préoccuper de son propre sort et de celui de ses disciples, il veut absolument savoir si Jésus de Nazareth est bien le Messie. Donc nous constatons que Jean Baptiste, quoique prisonnier et incapable de poursuivre sa mission, cherche malgré tout la réponse qui est au cœur de sa vie ; la réponse cruciale pour sa vie et celle de siens.
Et cette attitude de Jean-Baptiste est déjà une piste pour notre propre réflexion. Qu’est-ce qui m’«emprisonne» aujourd’hui ? Est-ce que la personne de Jésus me préoccupe dans ma vie personnelle ?

    A la fin de notre évangile, nous trouvons encore une phrase un peu « mystérieuse » à propos de Jean le Baptiste. Jésus nous dit solennellement : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui ». Qu’est-ce que le Christ veut dire par là ? Autrement dit, comment Jean peut-il être le « plus grand » et, en même temps, « plus petit que le plus petit » ?
    Dans la note de la TOB, nous trouvons cet « éclairage » : « Le Royaume est inauguré en Jésus ; Jean est demeuré sur le seuil. De lui à Jésus et à ses disciples, il y a rupture, nouveauté radicale * ».
    Et si nous nous souvenons bien de l’évangile de dimanche dernier, nous avons en mémoire ce que Jean-Baptiste dit de lui-même : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». Ce ne sont pas des mots de courtoisie concernant le Christ que Jean-Baptiste adresse aux gens qui, au moment de leur baptême, reconnaissent leurs péchés. C’est plutôt la conscience de ne pouvoir leur offrir l’Esprit Saint. L’Esprit qui vient avec Jésus, le Christ. Nous pourrions dire que Jean par son geste de l’eau, strictement naturel, prépare le terrain à Celui-ci, qui dépasse tout. Le Messie vient avec l’Esprit Saint qui, par sa présence, peut transformer la vie et l’amener jusqu’à une incroyable plénitude. Une plénitude qui dépasse ce monde et même les plus belles idées de ce monde. Parce que, pour nous les chrétiens, il s’agit de naître à nouveau de l’Esprit (voir Jn 3,1-8), c’est-à-dire d’abandonner notre vie à l’influence de l’Esprit de Dieu, qui est Esprit d’amour. C’était le cas de Jean le Baptiste et de Jésus. Et c’est dans cette perspective que nous aurons l’occasion de vivre un autre Noël dans notre vie : un Noël comme une rafraîchissante rencontre avec Dieu, et pas seulement comme une Fête catholique importante et familiale.

     Nous pouvons faire de grandes choses dans la vie, nous aussi au nom de Dieu. Mais nous ne serons vraiment « grands » que lorsque le feu du Saint-Esprit pourra toucher nos cœurs afin que nous devenions enfants du royaume de Dieu.

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*selon la note de la TOB – Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.

Bon Dimanche dans la joie, votre frère Bogdan