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Des déléguées générales pour aider les évêques à gouverner, Alice d’Oléon, La Croix le 17.11.2023

    Bien que la première étape du Synode sur la synodalité n’ait pas acté de changement majeur concernant leur place au sein de l’institution, les femmes accèdent peu à peu à de nouveaux postes de gouvernance au sein de l’Église en devenant l’équivalent de vicaires généraux. Une révolution discrète et progressive mais bel et bien en marche.

   Alice d’Oléon, le 17/11/2023 à 06:00 Modifié le 17/11/2023 à 07:00réservé aux abonnésLecture en 3 min.

Des déléguées générales pour aider les évêques à gouvernerMiranda Cartier, déléguée générale à Saint-Denis.

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    Il y a deux ans, elles n’existaient pour ainsi dire pas. Depuis septembre 2023, elles sont une petite dizaine à travailler étroitement avec l’évêque à la gouvernance du diocèse. À Saint-Denis, Nantes, Grenoble, Saint-Claude ou Besançon, les évêques ont ainsi créé des postes de « délégué général », équivalents de vicaire général mais pour des laïcs. Avec cette particularité qu’aujourd’hui la plupart de ces postes sont confiés à des femmes, choisies pour leurs compétences et leur très bonne connaissance du diocèse dans lequel elles étaient déjà très engagées avant même l’arrivée de l’évêque.Au même niveau de responsabilité que les vicaires généraux – qu’elles ne remplacent pas –, ces femmes participent au conseil épiscopal et se voient confier des missions comme l’accompagnement des laïcs ou la coordination des mouvements paroissiaux (pastorale de la santé, de la famille…).

    Nommée en mai dernier à ce poste pour le diocèse de Saint-Denis, Miranda Cartier est certainement, du haut de ses 34 ans, la plus jeune femme à occuper un poste à un tel niveau de responsabilité au sein de l’Église catholique en France. Engagée depuis toujours pour la pastorale des jeunes de son diocèse, cette infirmière de formation a accepté l’appel de son évêque, Mgr Pascal Delannoy, à se former en passant un baccalauréat canonique au Centre Sèvres à Paris, pour ensuite prendre une charge pastorale au sein de son diocèse. Un niveau de formation que cette dernière estime « nécessaire, voire indispensable » pour occuper ses fonctions actuelles, et qui rejoint les parcours d’autres déléguées générales.

    Aguerries et investies, les déléguées générales n’en sont pas moins des pionnières à ce poste et essuient patiemment les inévitables plâtres liés à la nouveauté de leur rôle. « Ce n’est pas simple d’occuper un poste qui n’a jamais existé auparavant. Il faut beaucoup expliquer », confie Miranda Cartier. Ceux qui ont le plus de questions à son sujet sont les prêtres de son diocèse, précise-t-elle, mais une fois les questions prises en compte, tous l’accueillent avec entrain.Odile Grebille, à Grenoble, également en poste depuis septembre, rencontre davantage de réticences. « On m’a demandé si je voulais être prêtre. La réponse est non, je ne revendique rien de plus que d’annoncer l’Évangile au niveau où on me le demande », décrit-elle. La difficulté réside en grande partie, selon elle, dans le fait que ce rôle de déléguée générale n’est pas défini canoniquement, « bien que le droit canonique précise que les femmes peuvent avoir des responsabilités avec l’évêque », précise-t-elle.

    Françoise Coquereau, à Nantes, après un an d’exercice, admet également que le flou existant autour de la définition de son rôle demande une certaine pédagogie. « Il faut faire confiance et accepter d’avancer un peu à vue », concède-t-elle. Un positionnement délicat mais qui porte aussi ses fruits. Miranda Cartier note ainsi que sa présence facilite le débat autour de l’évêque. « Ce n’est pas le style de notre évêque de brider la parole, mais j’ai remarqué que les prêtres ont un schéma hiérarchique en tête, et ils prennent peut-être plus de gants que moi pour dire les choses à l’évêque, décrit-elle. J’ose dire ce que je pense et je sens bien que j’ai la place pour le dire. »

     Odile Grebille confirme l’importance de cette « part de liberté » que lui permet son statut de laïque. « J’apporte aussi une forme d’ouverture sur certaines réalités que des prêtres ou des évêques ne ressentent pas de la même façon », ajoute-t-elle. Sans pour autant chercher à entrer nécessairement en contradiction avec ce que disent les clercs. « C’est le début d’une reconnaissance du fait que toute personne baptisée peut assumer des responsabilités dans l’Église », résume Françoise Coquereau.

    Quant au fait que les laïcs chargés de ces nouvelles responsabilités soient en grande majorité des femmes à ce jour, la déléguée générale du diocèse de Nantes y voit « une ouverture à l’altérité essentielle pour l’Église », bien qu’elle soit encore balbutiante. Miranda Cartier refuse pour autant de réduire sa nomination à sa nature de femme : « Je suis là parce que je suis compétente, pas uniquement parce que je suis une laïque et une femme. » Elle se dit néanmoins persuadée qu’elle apporte « un autre visage du Christ » et insistesur l’importance d’un bon discernement avant d’accepter cette charge :« une disposition primordiale pour annoncer le Christ et ne pas se perdre dans ses responsabilités, qui que l’on soit. ».