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Une étude pour décrire ce que deviennent les nouveaux baptisés, Alix Champlon, la Croix le 31.05.2023

Les faits Un étudiant en sciences sociales, Matthéo Gervois, en stage au diocèse de Paris, a produit une étude en interrogeant dix nouveaux baptisés un an après leur baptême afin de déterminer s’ils sont parvenus à trouver leur place dans l’Église catholique.
Alix Champlon, le 31/05/2023 à 19:49
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Une étude pour décrire ce que deviennent les nouveaux baptisés
Dans l'église Notre Dame de la Consolation au Raincy, plusieurs adultes se sont faits baptisés pendant le week-end de Pâques. Ici, le 8 avril 2023.
OLIVIER CORSAN/LE PARISIEN/MAXPPP
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Lorsque Matthéo Gervois, jeune baptisé – en novembre 2022 – âgé de 20 ans, et étudiant en sciences sociales à l’université Paris-Cité, présente son exposé sur la conversion religieuse en cours de sociologie des religions, son maître de conférences Jean-Michel Morin lui propose d’aller plus loin.

L’expérience montre que beaucoup « décrochent »
Docteur en sociologie mais aussi diacre permanent, ce dernier travaille également pour le service du catéchuménat du diocèse de Paris. Or, pour l’Église catholique, la question du devenir des néophytes, ces chrétiens nouveaux baptisés, reste en effet « floue », selon Matthéo Gervois, un constat appuyé par Jean-Michel Morin. Que deviennent les nouveaux baptisés et comment les accompagner ? Des questions prégnantes alors même que le nombre de baptisés adultes augmente – 5 463 en 2023 – et que l’expérience montre que beaucoup « décrochent » rapidement.

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Ainsi, trois mois durant, l’étudiant a rejoint le service pour le catéchuménat et se lance, sous la direction de Jean-Michel Morin, dans une étude qualitative de la génération des baptisés de la veillée pascale de 2022 – au total, ils étaient 360. Il a présenté ses résultats en mai.

Une foi solidement ancrée
Sa recherche commence par l’étude approfondie des lettres des catéchumènes envoyées à l’évêque pour demander le baptême l’an passé. Après cela, la conduite d’entretiens avec dix de ces néophytes a permis de révéler leurs attentes, comblées ou bien déçues.

Les dix néophytes interrogés – cinq femmes et cinq hommes – ont des profils socioprofessionnels variés : cadre, artiste, étudiant, retraités… Ils ont été interrogés sur des thèmes communs afin de tenter de déterminer leur place dans l’Église, un an après avoir reçu les sacrements.

Si, un an après leur baptême et leur entrée dans l’Église, leur parcours spirituel personnel se poursuit et leur foi demeure solidement ancrée, leur désir d’intégration au sein des communautés catholiques, souvent évoqué dans leurs lettres, a entraîné certaines déceptions.

Une pratique fluctuante
Par ailleurs, la question de la pratique s’avère très fluctuante et tend à diminuer. Les entretiens menés par l’étudiant en sciences sociales tendent à montrer que la fréquentation de la messe dépend en partie des contraintes familiales des nouveaux baptisés : il est plus facile pour les célibataires et les retraités de se rendre à l’église tous les dimanches. En outre, les néophytes qui vivent avec un conjoint pratiquant ont logiquement plus de possibilités de participer à des célébrations et de vivre des moments forts au sein de l’Église (mariage, baptême des enfants…).

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Lorsqu’ils ne bénéficient plus de l’accompagnement qui a cours durant le catéchuménat, leur engagement dans la vie ecclésiale et lors des grands temps du calendrier liturgique comme le Carême ou dans des actions caritatives, n’est plus si plus évident. « S’ils sont tous prêts à aider, beaucoup attendent d’être sollicités », assure Matthéo Gervois.

L’intégration dans les communautés varie aussi selon les attentes des néophytes. Certains regrettent – quatre des personnes interrogées – l’image « un peu vieillotte » assignée à l’Église et s’inquiètent de la place des femmes. Quelques-uns, affiliés plus à gauche sur l’échiquier politique, ont notamment du mal à trouver leur place, quand d’autres, qui ont déménagé hors de la région parisienne, ont surtout du mal à retrouver une paroisse aussi vivante qu’en Île-de-France.

Certes, l’étude de Matthéo Gervois n’a concerné que dix nouveaux baptisés franciliens, mais elle présente au moins deux ouvertures pour l’Église, selon Jean-Michel Morin. Il s’agit d’abord d’imaginer des pistes pour « prendre soin des néophytes » dans les diocèses, et ensuite de prolonger l’étude avec une enquête quantitative sur un échantillon plus important.