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L’Église protestante unie de France a-t-elle trouvé sa place ? Alice d’Oléon et Alice Leleux, la Croix le 18/05/2023.

Analyse Le Synode national de l’Église protestante unie de France se réunit du 18 au 21 mai. L’occasion de célébrer le 10e anniversaire de l’union entre réformés et luthériens et de réfléchir à l’avenir.
Alice d’Oléon et Alice Leleux, le 18/05/2023 à 09:30
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L’Église protestante unie de France a-t-elle trouvé sa place ?
Journée inaugurale du Synode national de l'Église protestante unie de France au Grand Temple de Lyon, en mai 2013. La 11e édition du Synode a lieu du 18 au 21 mai 2023.
ALEXANDER ROTH-GRISARD / MAXPPP
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Comme le symbole d’un nouvel élan, c’est dans une église flambant neuve, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), que les 200 participants au Synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) vont se réunir du 18 au 21 mai pour réfléchir à leurs futures orientations.

Elle est née il y a dix ans du rapprochement entre l’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France, dans le sillage de la concorde de Leuenberg, charte historique signée en 1973, qui reconnaît alors la fin des différences doctrinales datant du XVIe siècle entre les deux Églises.

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« Les divergences, qui portaient notamment sur la façon dont les traditions luthérienne et réformée interprétaient la présence divine dans le pain et le vin de la Cène, ne faisaient plus sens pour nos contemporains », explique Jean-Paul Willaime, sociologue et spécialiste du protestantisme. « Rien ne nous empêchait de témoigner de l’Évangile ensemble », abonde Emmanuelle Seyboldt, pasteure et présidente de l’EPUdF depuis 2017.

« Un enrichissement mutuel »
Un point de vue partagé également par le président de la région Île-de-France de l’EPUdF, le pasteur Samuel Amédro. Il considère que cette fusion a permis un « enrichissement mutuel », les luthériens introduisant notamment « une attention à la liturgie et au solennel » et les réformés leur vision « du social et leur engagement à sauver le monde ».

Scellant leur union, le premier Synode de l’EPUdF a eu lieu en mai 2013 à Lyon. Aujourd’hui l’Église unie représente 900 lieux de culte et 400 pasteurs (dont 40 % de femmes), ce qui fait d’elle la principale Église protestante en France. Des points de division demeurent mais concernent surtout les questions éthiques.

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En 2015, elle a failli se diviser devant l’adoption de la possibilité de bénir des couples homosexuels mariés. Cette décision a donné lieu à la création d’un mouvement contestataire au sein de l’EPUdF. Mais au lieu de se briser, elle « a réussi à faire tenir ensemble des sensibilités très diverses », décrit le sociologue Jean-Paul Willaime. Signe, aux yeux d’Emmanuelle Seyboldt, qu’il existe « un chemin d’unité dans la diversité ».

« Église de témoins » ou « Église des convertis » ?
L’EPUdF demeure toutefois confrontée, remarque Jean-Paul Willaime, « aux mêmes problèmes de désaffiliation que ceux rencontrés dans d’autres pays par les Églises du protestantisme établi ». Malgré une volonté affichée de faire de l’EPUdF une « Église de témoins », en neuf ans, de 2013 à 2022, le nombre de foyers participant à la vie financière de l’EPUdF a diminué de 24 % selon le sociologue.

« Comparé à la croissance, même ralentie, des Églises évangéliques, ce constat pose question, souligne-t-il. “L’Église de témoins” que veut être l’EPUdF aurait-elle moins d’impact évangélisateur que “l’Église des convertis” chère aux évangéliques ? » Le pasteur Samuel Amédro est plus direct : « Dans le paysage protestant, nous formons l’Église la plus solide. Dans la société, en revanche, nous sommes inaudibles. »

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Emmanuelle Seyboldt reconnaît la nécessité d’insister davantage sur l’évangélisation dans une société de plus en plus sécularisée. Un défi de taille pour les fidèles de l’Église unie selon elle. « Les luthéro-réformés ont presque dans leurs gènes cette discrétion qui a dû être la leur durant des siècles dans une société française qui ne voulait pas des protestants », explique-t-elle.

S’ajoute à cela une culture qui ne semble a priori pas directement compatible avec une société de l’immédiateté. « Notre ADN est l’interrogation permanente. On remet en question ce que l’on croit, ce que l’on pense, on dialogue, on débat. Ce n’est pas très vendeur aujourd’hui », admet Emmanuelle Seyboldt, consciente néanmoins que « cette dissonance est aussi une richesse ». Reste à savoir comment la partager au plus grand nombre. Autant de défis qui seront discutés par les participants au Synode 2023 de l’Église unie qui a pour thème : « Expériences-Espérance ».