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Comment l’immigration transforme le paysage religieux en France. Matthieu Lasserre, La Croix le 30/03/2023

Analyse Une étude de l’Insee publiée ce jeudi 30 mars montre que la sécularisation progresse toujours en France, marquée par une forte désaffiliation au catholicisme. La religiosité est en revanche importante chez les personnes immigrées et leurs descendants, ce qui pourrait entraîner des changements majeurs dans le paysage religieux du pays.
Matthieu Lasserre, le 30/03/2023 à 17:00 Modifié le 31/03/2023 à 08:37
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Comment l’immigration transforme le paysage religieux en France
Dans l’ensemble de la société, le christianisme demeure la première religion : en 2019-2020, 29 % des sondés (âgés de 18 à 59 ans) se disaient catholiques.

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L’Insee a rendu publique jeudi 30 mars une impressionnante enquête sur la population immigrée et d’origine immigrée en France. Parmi les nombreuses données figure une étude détaillée de l’affiliation religieuse et de la pratique religieuse des personnes immigrées en métropole, qui fait tomber quelques idées reçues.

L’évangélisme progresse plus vite que l’islam
D’abord, les musulmans ne représentent pas une majorité écrasante. Leur nombre est important (43 % du total) mais de très nombreux chrétiens composent également l’immigration en France (31 %). Par ailleurs, 21 % des nouveaux arrivants disent n’appartenir à aucune religion.

Dans l’ensemble de la société, le christianisme demeure la première religion : en 2019-2020, 29 % des sondés (âgés de 18 à 59 ans) se disaient catholiques. Cette proportion a chuté néanmoins fortement : selon la précédente étude portant sur 2008-2009 et sur les 18-49 ans, ils étaient 43 % à se revendiquer de ce rite. L’islam confirme sa seconde place : 10 % des sondés affirment y appartenir (en légère augmentation).

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La progression la plus spectaculaire se situe chez les personnes s’affiliant à une autre dénomination chrétienne que le catholicisme. Évaluées à 2,5 % il y a dix ans, elles sont désormais 9 % en 2019-2020. « Cette évolution est à relier à la progression de l’évangélisme en Afrique, estime le sociologue et démographe François Héran, associé au Collège de France. On l’observe aisément sur le terrain, notamment en région parisienne. » Plus de 40 % des personnes immigrées originaires d’Afrique centrale disent appartenir à une confession chrétienne différente du catholicisme.

Effacement des religions
Parallèlement, cette étude souligne la sécularisation croissante en France. Chez les 18-49 ans, 53 % de la population ne s’identifie à aucune religion (+ 8 points en dix ans). « Il y a en effet une désaffiliation nette par rapport à la religion, couplée à une méconnaissance croissante de celle-ci, analyse François Héran. Cela s’explique par l’arrivée de la deuxième génération de gens nés dans une famille sans religion. »

Comment l’immigration transforme le paysage religieux en France
Cet effacement concerne davantage les personnes sans aucune ascendance migratoire (62 % des 18-49 ans en 2019-2020 contre 50 % en 2008-2009). En effet, moins d’un immigré sur cinq se déclare « sans religion » – un sur quatre chez les descendants d’immigrés.

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Un recul, certes limité, de la religiosité entre les immigrés et leur descendance s’observe, indépendamment du culte ou du pays d’origine. Le phénomène est particulièrement visible pour les personnes musulmanes d’origine maghrébine : si 90 % des immigrés algériens se disent musulmans, moins de 70 % de leurs descendants le sont. « Le fait de vivre en France, où il n’y a plus la contrainte collective pour respecter les rites, joue un rôle important », souligne François Héran.

La transmission de la religion est plus forte chez les musulmans
L’Insee relève néanmoins que « les immigrés venant de pays de tradition musulmane sont les plus inscrits dans la religion ». Ainsi 58 % des musulmans prient au moins une fois par semaine, contre 31 % des chrétiens non catholiques et 15 % des catholiques.

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De même, la transmission de la religion au sein de la cellule familiale est plus forte chez les musulmans : 91 % d’entre eux disent appartenir à la religion de leurs parents, contre 67 % des catholiques. Autant de données qui laissent entrevoir une transformation du paysage religieux français.