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En Italie, les critiques frontales contre la Ciase de l’évêque chargé des abus, Loup Besmond de Senneville (à Rome), La Croix le 21.11.2022

Les faits Lors d’un colloque organisé à l’Université pontificale du Latran, samedi 19 novembre, Mgr Lorenzo Ghizzoni a durement critiqué les Églises ayant confié le travail sur les violences sexuelles à une « commission nationale unique composée de personnes qui ne connaissent rien à la vie de l’Église ».
Loup Besmond de Senneville (à Rome), le 21/11/2022 à 13:04
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En Italie, les critiques frontales contre la Ciase de l’évêque chargé des abus
Lorenzo Ghizzoni, évêque chargé du dossier des abus dans l’Eglise en Italie, lors d'une conférence de presse, à Rome, le 17 novembre 2022.

JOHANNES NEUDECKER/DPA/PICTURE-ALLIANCE/MAXPPP
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La charge est sévère, et vient directement de l’épiscopat italien. L’évêque chargé par les évêques transalpins du dossier des abus sexuels sur mineurs, Mgr Lorenzo Ghizzoni, a vertement critiqué, samedi 19 novembre, les méthodes employées par d’autres « réalités ecclésiales » pour évaluer le nombre d’enfants victimes de pédocriminalité dans l’Église.

« Nous ne ferons pas de projection de données ou d’échantillonnage comme l’ont fait d’autres réalités ecclésiales avec des chiffres qui n’attirent que ceux qui veulent semer la zizanie », a-t-il affirmé lors d’un colloque organisé à l’Université pontificale du Latran, intitulé « Du côté des victimes ». Ces critiques, citées par l’agence italienne Ansa, visent implicitement la méthode employée en France par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

Cette méthode « a produit des dégâts ailleurs »
« Nous n’allons pas créer une commission nationale unique composée de personnes qui ne connaissent rien à la vie de l’Église, qui ne sont qualifiées d’objectives que parce qu’elles ne sont ni évêques, ni prêtres, ni croyantes », a poursuivi Mgr Ghizzoni. Cette méthode, a-t-il estimé « a produit des dégâts ailleurs » et « ne doit pas être imitée ».

« Nous allons examiner les données réelles et essayer de trouver des moyens de prévention, a poursuivi l’évêque. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de clouer les prêtres au pilori, c’est de prévenir les abus. »

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Les évêques italiens ont présenté, le 17 novembre, leur tout premier rapport sur les abus sexuels. Ils y ont identifié 89 victimes ayant fait un signalement en 2020 et 2021, et ont aussi affirmé que 613 dossiers de victimes italiennes étaient arrivés, ces dernières années, au dicastère pour la doctrine de la foi, chargé de l’instruction des abus sexuels sur mineurs.

« Les chiffres nous intéressent peu, si ce n’est pour faire de la prévention, avait affirmé Mgr Ghizzoni à La Croix en mars. Nous voulons une analyse qualitative et non quantitative, pour connaître nos forces et nos faiblesses. »

Données « contestables »
Pour cela, la conférence épiscopale du pays a choisi de faire appel à un groupe de travail interne et de se fonder sur les cas déjà connus, soit parce qu’ils résultent de signalements faits aux cellules d’écoute diocésaines, soit parce qu’ils sont parvenus au Vatican.

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Ce n’est pas la première fois qu’une critique du rapport français émane de l’épiscopat italien, qui dépeint la méthode choisie par les évêques français comme un contre-exemple à ne surtout pas suivre pour s’attaquer au fléau de la pédocriminalité dans l’Église.

« Certaines données peuvent être vraiment contestables, comme on l’a vu en France, et nous ne voulons pas polémiquer, avait affirmé le président de la Conférence des évêques italiens, le cardinal Matteo Zuppi, le 27 mai. Nous prendrons nos responsabilités. Mais en fait, nous les avons déjà prises. » Un mois plus tard, dans un entretien à La Repubblica, il avait ajouté : « En ce qui concerne la recherche (de la Ciase) en France, j’ai reçu trois enquêtes menées par des universitaires qui la démolissent. »

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