L'intention de prière générale du pape pour le mois de septembre est

"pour que la parole de dieu renouvelle les chrétiens des pays en voie de développement et les encourage à être acteurs d'un progrès social authentique."

Son intention missionnaire pour le mois de septembre est:

"pour que cessent les nombreux conflits qui ensanglantent encore le monde."

Petit mot avec les élus (19 septembre 2026 - La Salette de St Clair)

La très longue histoire de la chapelle commence avec la création du port de Sète. Un fortin sur le point le plus haut de la colline, pour tout voir et chasser les pirates.

Sa démolition ordonnée par Richelieu, a été l’aubaine pour un certain Hilarion, moine ermite, qui a demandé à vivre sa solitude de prière et de méditation dans ces ruines. Elles représentaient certainement pour lui une dimension spirituelle qui l’intéressait : ce monde passe, cf : Quoéleth 6:12 : Qui sait ce qu’est pour l’homme le bonheur de la vie, durant ses jours comptés et fragiles qui passent comme une ombre ? Qui révélera à l’homme ce qui viendra sous le soleil après lui ?

Depuis, ce petit sanctuaire n’a cessé de se façonner jusqu’à aujourd’hui, tout au long de l’histoire de Sète : terrain militaire, espace religieux, re-terrain militaire contre les anglais, puis espace religieux à nouveau, la chapelle a même été un temps l’église paroissiale de Sète. Puis abandonnée à la dévotion privée, puis « relooquée » avec Henri Gaffino, curé de St Louis à partir de 1858. Le curé et ses paroissiens du monde de la pêche ont dédié la chapelle à ND de La Salette le 19 septembre 1866. À nouveau, caserne militaire pendant l’occupation allemande, puis retour, comme « sanctuaire sétois » jusqu’à aujourd’hui... Et recouverte de fresques Jacques Bringuier au début des années 1950.

La restauration récente de la chapelle a commencé il y a 7 ans, avec M. Bruno LABATUT-COUAIRON [bruno.labatutcouairon@sfr.fr] qui travaillait sur le port de Sète à l’époque et tombé en amitié pour la chapelle. En 2019, il a sollicité du monde pour y réfléchir et commencer des démarches : une équipe s’est constituée. Une souscription a été lancée avec l’Association des Amis des Missionnaires de La Salette, propriétaire des lieux. Jusqu’à ce que M. Gustave Brugidou nous demande en septembre 22, pourquoi nous ne confions pas la collecte des dons à la Fondation du Patrimoine ? L’association a donc adhéré à la Fondation dans la foulée. Le chantier a commencé en janvier 2023. Toiture, caniveaux de pouzzolanes, toutes les façades...

Les initiatives pour contribuer à financer ce gros chantier ont été nombreuses et généreuses. Le rotary qui nous invite à sa table ce midi, offre sa deuxième édition : la 1ère était le 14 septembre 2024. Les Saint-Clairiens, les artistes, un nombre considérables de donateurs discrets, des entreprises, des mécènes... ont rempli la caisse de la Fondation du Patrimoine pour assurer cette restauration de la petite chapelle des Sétois et des pêcheurs en particulier. Bien petite chapelle, visitée par une foule de personnes qui viennent de partout dans le monde. Chapelle à la personnalité unique au monde, témoin d’évolutions incessantes depuis sa création dans des ruines..., dédiée à ND de La Salette, en bonne compagnie de Ste Rita, St Roc, Ste Thérèse, St Antoine, dans la maison de Dieu.

La restauration des exvotos a commencé le 15 juillet 2025, avec Camille Suter et Chiara Zanetti, et toute une équipe à géométrie variable, dont les membres nous ont épatés par leur savoir-faire, leur imperturbable patience, jusque dans les réponses données aux trop curieux visiteurs qui n'ont pas cessé de défiler dans la chapelle, maintenus quand même dans les espaces balisés. Nous remercions encore nos artistes experts d'avoir pu garder la chapelle ouverte pratiquement tout le temps, sauf une semaine.

Pendant que les exvotos connaissaient une vraie reconstitution, spectaculaire, des petites fenêtres s'ouvraient sur toutes les surfaces de la chapelle pour reconnaître ce que les peintures de la fin des années 80, début 90, avaient recouvert. L'irrécupérable s'est imposé : il fallait nettoyer et seulement réparer la partie centrale de la chapelle, et l'arche bleu de la marine. Mais les autres surfaces pouvaient retrouver les fresques originales de Jacques Bringuier : le chemin de croix, le mur d'entrée avec l'évocation de l'Apparition de ND à La Salette, le chemin biblique de l'autre côté de la chapelle (qui est la dernière tranche de cette restauration).

La Providence a permis une extraordinaire rencontre : M. Philippe Gippet, chargé par son beau-père, M. Jacques Bringuier, de faire un inventaire et une présentation de ses œuvres, est venu voir la chapelle, même si l'œuvre Bringuier était déclarée détruite par son auteur. Il a rencontré plusieurs fois déjà nos restauratrices, leur a prêté des photos des fresques originales qui leur ont permis de connaître un peu ce qui existait sous les peintures de M. Bauer. Il a également fait une interview enregistrée de son beau-père sur son travail de plusieurs années dans la chapelle. M. Bringuier a 100 ans depuis quelques mois. Il est encore capable de donner autant de détails. Il a rapidement donné sa confiance à nos restauratrices, qui l'ont toujours associé - via M. Philippe Gippet - quand elles avaient besoin d'une autorisation, une question, une proposition.

Je dois ajouter à cela un témoignage qui me tient à cœur, comme MS (Missionnaire de N-D de La Salette). Les fresques de Jacques Bringuier ont été entièrement recouvertes par l'artiste Jurgen Bauer, sous la responsabilité du responsable MS de la chapelle de St Clair à l'époque ! ! Il n'était pas seul sans doute à l'avoir décidé. Une équipe de laïcs avait rencontré M. Bringuier à l'époque. Et je pense qu'il y a eu pas mal de malentendus, d'autant que personne ne devait connaître les lois protégeant les œuvres des artistes - mieux connues maintenant.

Lorsque j'ai écrit à M. Bringuier pour lui demander l'autorisation de toucher à ces peintures qui recouvraient ces fresques, il m'a répondu très poliment, en me demandant que plus jamais son nom ne soit prononcé dans la chapelle. Mais grâce à M. Gippet, j'ai pu lui écrire à nouveau notre joie de le voir réapparaître avec le dégagement des peintures. Il m'a encore répondu très gentiment. Et lorsque l'arche du chemin de croix a recouvré sa splendeur, un autre courrier a été échangé, le 14 novembre 25, celui de la réconciliation. C'est un immense cadeau que nous avons reçu de lui. Je vous associe de tout cœur à cette joie profonde, avec un immense merci à tous ceux qui y ont contribué, depuis Bruno et sa petite équipe, en 2019.

P. Louis de Pontbriand MS